French Edition
Literature
Les Travailleurs de la mer
French BooksWhale Edition by Victor Hugo
Un roman maritime de lutte contre la mer, la machine, le destin et la solitude héroïque.
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Book introduction
Les Travailleurs de la mer
Les Travailleurs de la mer déploie l’imaginaire océanique de Victor Hugo autour de Gilliatt, des récifs de Guernesey, du sauvetage d’une machine et d’un combat presque mythique contre les éléments. Le roman unit aventure, lyrisme, technique et méditation sur l’héroïsme.
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Les Travailleurs de la mer is a public-domain work: the author died in 1885, and the text was first published in 1866. This edition uses the original French text.
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Je dédie ce livre au rocher d’hospitalité et de liberté, à ce coin de vieille terre normande où vit le noble petit peuple de la mer, à l’île de Guernesey, sévère et douce, mon asile actuel, mon tombeau probable.
V. H.
La religion, la société, la nature ; telles sont les trois luttes de l’homme. Ces trois luttes sont en même temps ses trois besoins ; il faut qu’il croie, de là le temple ; il faut qu’il crée, de là la cité ; il faut qu’il vive, de là la charrue et le navire. Mais ces trois solutions contiennent trois guerres. La mystérieuse difficulté de la vie sort de toutes les trois. L’homme a affaire à l’obstacle sous la forme superstition, sous la forme préjugé, et sous la forme élément. Un triple anankè pèse sur nous, l’anankè des dogmes, l’anankè des lois, l’anankè des choses. Dans
Notre-Dame de Paris
, l’auteur a dénoncé le premier ; dans
les Misérables
, il a signalé le second ; dans ce livre, il indique le troisième.
À ces trois fatalités qui enveloppent l’homme se mêle la fatalité intérieure, l’anankè suprême, le cœur humain.
Hauteville House, mars 1866.
L’ARCHIPEL DE LA MANCHE
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LES ANCIENS CATACLYSMES
L’Atlantique ronge nos côtes. La pression du courant du pôle déforme notre falaise ouest. La muraille que nous avons sur la mer est minée de Saint-Valery-sur-Somme à Ingouville, de vastes blocs s’écroulent, l’eau roule des nuages de galets, nos ports s’ensablent ou s’empierrent, l’embouchure de nos fleuves se barre. Chaque jour un pan de la terre normande se détache et disparaît sous le flot. Ce prodigieux travail, aujourd’hui ralenti, a été terrible. Il a fallu pour
le contenir cet éperon immense, le Finistère. Qu’on juge de la force du flux polaire et de la violence de cet affouillement par le creux qu’il a fait entre Cherbourg et Brest.
Cette formation du golfe de la Manche aux dépens du sol français est antérieure aux temps historiques. La dernière voie de fait décisive de l’océan sur notre côte a pourtant date certaine. En 709, soixante ans avant l’avénement de Charlemagne, un coup de mer a détaché Jersey de la France. D’autres sommets des terres antérieurement submergées sont, comme Jersey, visibles. Ces pointes qui sortent de l’eau, sont des îles. C’est ce qu’on nomme l’archipel normand.
Il y a là une laborieuse fourmilière humaine.
À l’industrie de la mer qui avait fait une ruine, a succédé l’industrie de l’homme qui a fait un peuple.
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GUERNESEY
Granit au sud, sable au nord ; ici des escarpements, là des dunes ; un plan incliné de prairies avec des ondulations de collines et des reliefs de roches ; pour frange à ce tapis vert froncé de plis, l’écume de l’océan ; le long de la côte, des batteries rasantes, des tours à meurtrières, de distance en distance ; sur toute la plage basse, un parapet massif, coupé de créneaux et d’escaliers, que le sable envahit, et qu’attaque le flot, unique assiégeant à craindre ; des moulins démâtés par les tempêtes ; quelques-uns, au Valle, à la Ville-au-Roi, à Saint-Pierre-Port, à Torteval, tournant encore ; dans la falaise, des ancrages ; dans les dunes, des troupeaux ; le chien du berger et le chien du toucheur de bœufs en quête et en travail ; les petites charrettes des marchands de la ville galopant dans les chemins creux ; souvent des
maisons noires, goudronnées à l’ouest à cause des pluies ; coqs, poules, fumiers ; partout des murs cyclopéens ; ceux de l’ancien havre, malheureusement détruits, étaient admirables avec leurs blocs informes, leurs poteaux puissants et leurs lourdes chaînes ; des fermes à encadrements de futaies ; les champs murés à hauteur d’appui avec des cordons de pierre sèche dessinant sur les plaines un bizarre échiquier ; çà et là, un rempart autour d’un chardon, des chaumières en granit, des huttes casemates, des cabanes à défier le boulet ; parfois, dans le lieu le plus sauvage, un petit bâtiment neuf, surmonté d’une cloche, qui est une école ; deux ou trois ruisseaux dans des fonds de prés ; ormes et chênes ; un lys fait exprès, qui n’est que là,
Guernesey lily
; dans la saison des « grands labours », des charrues à huit chevaux ; devant les maisons, de larges meules de foin portées sur un cercle de bornes de pierre ; des tas d’ajoncs épineux ; parfois des jardins de l’ancien style français, à ifs taillés, à buis façonnés, à vases rocailles, mêlés aux vergers et aux potagers ; des fleurs d’amateurs dans des enclos de paysans ; des rhododendrons parmi les pommes de terre ; partout sur l’herbe des étalages de varech, couleur oreille-d’ours ; dans les cimetières, pas de croix, des larmes de pierre imitant au clair de lune des Dames blanches debout ; dix clochers gothiques sur l’horizon ; vieilles églises, dogmes neufs ; le rite protestant logé dans l’architecture catholique ; dans les sables et sur les caps, la sombre énigme celtique éparse sous ses formes diverses, menhirs, peulvens, longues pierres, pierres des fées, pierres branlantes, pierres sonnantes, galeries, cromlechs, dolmens, pouquelaies ; toutes sortes de
traces ; après les druides, les abbés ; après les abbés, les recteurs ; des souvenirs de chute du ciel ; à une pointe Lucifer, au château de Michel-Archange ; à l’autre pointe Icare, au cap Dicart ; presque autant de fleurs l’hiver que l’été ; — voilà Guernesey.
Table of contents
Inside this edition
- 01Les Travailleurs de la mer
- 02I
- 03II
- 04III
- 05IV
- 06V
- 07VI
- 08VII
- 09IV
- 10VIII
- 11IX
- 12X
- 13XI
- 14XII
- 15XIII
- 16XIV
- 17XV
- 18XVI
- 19III
- 20II
- 21XVII
- 22XVIII
- 23XIV
- 24X
- 25M.
- 26M.
- 27II
- 28XIX
- 29XX
- 30XXI
- 31XXII
- 32LIVRE PREMIER
- 33I
- 34II
- 35XVI
- 36III
- 37IV
- 38I
- 39V
- 40VI
- 41VII
- 42IV
- 43VIII
- 44LIVRE DEUXIÈME
- 45I
- 46II
- 47II
- 48III
- 49XIV
- 50IV
- 51LIVRE TROISIÈME
- 52I
- 53II
- 54III
- 55IV
- 56V
- 57VI
- 58VII
- 59VIII
- 60IX
- 61X
- 62XI
- 63XII
- 64XVIII
- 65M
- 66XIII
- 67LIVRE QUATRIÈME
- 68I
- 69II
- 70III
- 71IV
- 72V
- 73VI
- 74VII
- 75LIVRE CINQUIÈME
- 76I
- 77XII
- 78M.
- 79M.
- 80II
- 81III
- 82IV
- 83V
- 84VI
- 85VII
- 86VIII
- 87IX
- 88LIVRE SIXIÈME
- 89I
- 90II
- 91III
- 92IV
- 93V
- 94VI
- 95XIV
- 96VII
- 97LIVRE SEPTIÈME
- 98I
- 99II
- 100III
- 101M.
- 102M.
- 103VII
- 104M.
- 105M.
- 106I.
- 107II.
- 108III.
- 109IV.
- 110V.
- 111VI.
- 112VII.
- 113VIII.
- 114IX.
- 115X.
- 116XI.
- 117XII.
- 118XIII.
- 119XIV.
- 120XV.
- 121XVI.
- 122XVII.
- 123XVIII.
- 124XIX.
- 125XX.
- 126XXI.
- 127XXII.
- 128LIVRE PREMIER
- 129I.
- 130II.
- 131III.
- 132IV.
- 133V.
- 134VI.
- 135VII.
- 136VIII.
- 137LIVRE DEUXIÈME
- 138I.
- 139II.
- 140III.
- 141IV.
- 142LIVRE TROISIÈME
- 143I.
- 144II.
- 145III.
- 146IV.
- 147V.
- 148VI.
- 149VII.
- 150VIII.
- 151IX.
- 152X.
- 153XI.
- 154XII.
- 155XIII.
- 156LIVRE QUATRIÈME
- 157I.
- 158II.
- 159III.
- 160IV.
- 161V.
- 162VI.
- 163VII.
- 164LIVRE CINQUIÈME
- 165I.
- 166II.
- 167III.
- 168IV.
- 169V.
- 170VI.
- 171VII.
- 172VIII.
- 173IX.
- 174LIVRE SIXIÈME
- 175I.
- 176II.
- 177III.
- 178IV.
- 179V.
- 180VI.
- 181VII.
- 182LIVRE SEPTIÈME
- 183I.
- 184II.
- 185III.
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